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Jeudi 9 juillet
Trois-Pistoles – Sainte-Fabien
Nous avons fui Trois-Pistoles au petit jour, comme sur la
pointe des pieds, afin de ne réveiller personne.
Le soleil était radieux et nous utilisions enfin abondamment
la crème de protection solaire. Malgré la douleur au pied,
le poids des sacs et les genoux un peu fragiles, mais
solides, notre progression allait bien. Les craintes de
Marc-Antoine de faire une inflammation des genoux étaient
littéralement passées.
Le soleil progressait dans le ciel, nous sur la route. Il
était encourageant depuis quelques jours de voir Rimouski
60, Rimouski 40 et maintenant Rimouski 20 km. Saint-Fabien
était droit devant nous. Le paysage était toujours aussi
bucolique, parsemé de fermes et de maison sur le bord de la
132. La vitesse était toujours de mise pour plusieurs
véhicules, cependant nous avions appris à composer avec les
mastodontes en invitant parfois le conducteur à faire sonner
son klaxon.
Contrairement à plusieurs appréhensions, la route, tout en
étant sinueuse, n’est pas si «côteuse» que cela.
Marc-Antoine préfère les ascensions aux descentes, disant
que la descente est plus difficile et risquée pour les
genoux. Il a raison.
Le GPS nous indiquait d’entrer dans le rang 1 ouest au sud
de la route. Il ne nous restait que 1,4 km avant d’atteindre
le gîte. Nous avons croisé un homme à qui nous avons demandé
s’il y avait un gîte sur le chemin. Il nous a répondu par
l'affirmative, mais que c’était pas mal loin.
- Il est dans les patates, c’est dans un kilomètre, ai-je
dit tout bas à M-A.
On a poursuivi.
Une demi-heure plus tard, aucun gîte. Cela faisait vingt
bonnes minutes que nous aurions dû être rendus. M-A
s’impatientait, moi aussi. La fatigue et la faim se mêlant à
notre impatience.
J’ai fait signe à un automobiliste pour lui demander notre
route. Il nous a indiqué de retraverser la 132, le rang
était de l’autre côté. Je l’ai remercié et j’ai sacré un bon
coup après le GPS.
Marc ne tenait plus en place, nos pieds commençaient de plus
en plus à nous faire souffrir.
Un moment, j’ai sorti la caméra pour faire une petite vidéo
de M-A et lui ai demandé :
- Marc-Antoine, quelles sont tes impressions après une
heure de marche sans atteindre notre cible de la journée?
Je lui ai promis que je ne montrerais pas le contenu de la
vidéo, seulement en projection privée, tellement il s’est
laissé aller.
Le petit maudit, il l’a effacé à mon insu.
Finalement, nous avons aperçu le gîte
Clairevallée, une
maison blanche au toit rouge qui dominait toutes les autres
maisons.
Contrairement aux gîtes précédents, Marguerite a été très
accueillante. Elle nous a préparé un dîner et M-A en
après-midi est allé faire un somme de 3 heures.
En après-midi, j’ai reçu la visite de madame Brunet et de
son mari. Des gens de mon quartier, qui nous avaient promis
de nous rendre visite. Cette dame nous a aidés lors de notre
dernier souper spaghetti. Nous avons fait nos au revoir.
Le calme de la maison nous a fait du bien. J’ai téléphoné
mon cousin Bernard chez qui nous arrivions le lendemain.
J’ai fait des appels à la conseillère de Rimouski qui devait
nous accueillir le lendemain aussi et à TVA pour les
convaincre de faire un reportage sur notre projet. Sans
succès. Pour Radio-Canada, le numéro de téléphone était
celui d’un fax. Pas de veine vraiment.
Marc-Antoine ne veut plus dormir dans le même lit que moi.
Il dit ne plus pouvoir dormir. Pourtant, c’est lui qui bouge
tout le temps. Le gîte était inoccupé. Il a donc dormi dans
une autre chambre. C’est moi le lendemain qui était chargé
de dire à Marguerite que nous avions utilisé deux chambres.
Aujourd’hui nous avons marché pour :
Nathalie A., Johanne Poitras, Francine Lussier, Lucille Hamel, Lyette Hétu.
