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Mardi 7 juillet
Claude nous a conduits sur la 132. Lui signalant l’endroit,
il trouve que l’on ne triche pas. On n’a pas tendance.
Malgré les offres que nous avons eues, sauf en raison de
santé, on marche.
Le temps est pluvieux et laid, pour faire changement. Est-ce
que ça existe des cas de rage en marchant? Moi, j’ai connu
ça.
On se rend à Cacouna (qui veut dire porc-épic), déjà
fatigués malgré un petit 9 km. On s’arrête déjeuner au
restaurant du Golf de l’endroit. On jase avec la serveuse et
une cliente qui a souffert du cancer. Je place son nom sur
la liste. On reprend la route, la pluie redouble.
Heureusement que j’avais acheté un imper et pantalon pour
Marc-Antoine.
La pluie quadruple, la circulation et la vitesse des
camions, de plus en plus gros, aussi.
Un moment donné je me mets à sacrer et à jurer à cause de
ces nouvelles conditions incroyables.
- Envoyez, passez-nous sur le corps, ostie! Ai-je
lancé en leur direction, sourds qu’ils sont?
C’est la première fois que j’ai réellement eu peur sur la
route. On doit se déplacer chaque fois et chaque fois
surveiller si une voiture coincée entre deux mastodontes
n’essaie pas de se faufiler sur l’accotement et nous
frapper.
- L’écoeurant, y peut pas aller plus vite, pour le fun?
J’étais furieux, furieux contre la pluie, encore une fois,
contre la vitesse, contre la densité de la circulation. Un
moment donné, j’ai dit à M-A :
- Tu dois être tanné de m’entendre chialer.
- T’as raison. Son ton venait de monter.
- Pourquoi y ne passent pas sur la 20?
- J’le sais pas, c’est une bande de trous d’cul.
On a continué comme ça une demi-heure. On se perdait dans le
crachin laissé par les vannes. Toute la matinée, nous avions
croisé et subi l’assaut de 50, 100 camions 10 roues qui
transportait de la terre et des pierres. Je craignais
toujours que des particules ou des pierres s’échappent de
leur chargement et nous blessent. Et maintenant, c’était les
camions-remorques, gros, énormes, outranciers…
Avant l’arrivée à L'Isle-Verte, la pluie a diminué, la
circulation un peu, nous totalement. Épuisés.
Nous avons marché jusqu’au Botanix, lieu de rendez-vous
donné par Pierre. Il était 14 h 30. Nous étions sur la route
depuis 6 h 30.
Je suis allé faire un dépôt pour l’ICM à la Caisse populaire
de L'Isle-Verte. Pierre nous a conduits chez lui, où nous
attendait Sylvie, souriante, ravie et accueillante.
Ils nous ont ouvert leur porte, leur garde-manger et leur
cœur. Cela a été chaudement apprécié. Cela faisait un baume
sur les assauts de la journée.
Petite visite de la ferme, des cousins de Sylvie. Rencontre
de la famille, visite des alentours. Rencontre avec Bob, un
gros St-Bernard, une bête extrêmement affectueuse qui donne
des coups de tête pour obtenir une caresse. Marc-Antoine qui
n’est plus allergique a dit qu’il aimerait bien en avoir un
pour accompagner notre Yorkshire, Léo.
Retour à la maison. Internet et dodo à 22 h 30. Demain
grosse matinée.
Dans cette affreuse journée, nous avons marché pour :
Nathalie A., Ginette Sicotte, Françoise, Gilbert Mathieu,
Henri Delage, Michel Perreault, Nicole Reid, Michel Mongeau,
Lucette Tremblay.
