Vous êtes ici: CARNET DE VOYAGE 2009
Accueil
Jeudi 23 juillet
Nouvelle - Carleton
S'il n'en tenait qu'à lui, Marc-Antoine n'aurait pas marché
aujourd'hui. Il négocie de plus en plus des levées tardives,
des départs sans hâte, des moments de détente. Notre tâche
consiste à marcher et... à nous endurer. Les deux ne sont
pas évidentes. Des camarades d'école ont dit à Marc-Antoine
qu'il perdrait son été s'il faisait cette marche avec son
père. Ça l'a troublé. Il est sensible à ce genre de
commentaires. D'ailleurs, il n'a pas trouvé que la
polyvalente, de façon générale, faisait grand cas de son
défi. Qu'importe!
Non, pas qu'importe. Cela m'amène à réfléchir à la
reconnaissance, à la valorisation et, en définitive à la
motivation. Nous sommes en santé tous les deux. Nous avons
décidé, choisi, planifié, organisé et nous réalisons ce
projet. Dans les étapes de planification, lorsqu'un
commanditaire disait oui ou l'un de nos contacts nous
trouvait une famille d'accueil, je me sentais valorisé. On
reconnaissait l'importance de notre défi en nous accordant
le gîte, un repas, une présence dans nos vies. Ce qui me
permettait de garder la motivation dans le projet. Lorsque
la levée de fonds avance, que nous atteignions tel ou tel
seuil, nous gardons notre motivation. Lorsque nous savons
que cet argent est dépensé adéquatement (pour
ceux qui ne connaissent pas le président de l'Institut du
cancer de Montréal, monsieur Raymond Garneau, et sa
directrice,
Maral Tersakian, sachez que l'ICM est administré avec
une très grande rigueur, j'en ai eu la preuve constante
depuis notre association avec l'Institut), que des
chercheurs travaillent quotidiennement sous la direction du
Dr Mes-Masson, nous avons la conviction de faire quelque
chose de bien. Et ce que nous ressentons intérieurement ne
trouve aucun équivalent dans les biens matériels que nous
possédons et dont nous jouissons.
La marche est dépouillement. C'est l'état minimal de
transport pour l'homme. À ce titre, il est près de la bête
ou de son ancêtre du Néandertal. La marche est santé et
preuve de notre mobilité. Excusez la lapalissade! La marche
mesure notre dimension concrète sur la Terre. Lorsque je
regarde une carte maintenant, il m'est impossible de la
confondre avec le territoire. Le temps et l'espace ne font
plus qu'un. C'est la dimension esthétique de notre tâche.
Au gîte À l'abri du
clocher, j'ai tenté d'entrer en communication avec les
voyageurs. Ça n'a pas fonctionné. C'est étrange comment
parfois, les liens coulent de source, comme avec ce couple
au Motel Restigouche. Mais ici rien, chacun est concentré
dans sa chose. Nous aussi d'ailleurs.
Marc-Antoine a critiqué les premières 15 minutes. Puis il a
changé d'avis. Il a décidé qu'il était agréable de marcher
aujourd'hui. Une heure et demie plus tard, on était dans
Saint-Omer. Je n'ai cessé, à compter de ce moment-là, de
rechercher l'endroit où j'avais soupé avec une
auto-stoppeuse et les deux femmes qui nous avaient fait
monter à Chandler, durant mon voyage de 1972. Chose assez
surprenante pour 2 jeunes de 17 ans, sur le pouce, nous
avions partagé leur repas, un repas festif, avec viande
cuite au BBQ, salade et vin, ce qui était très rare à
l'époque. Je ne me rappelle plus du nom de l'auto-stoppeuse,
mais je me rappelle qu'elle s'était amourachée de moi. Pour
preuve, les quelques lettres qui ont suivi ce voyage. Mais
le silence qui a suivi l'a fait abandonné. Cœur de mâle
cruel.
Nous avons dîné à Saint-Omer. Un dîner rapide. Nous sommes
partis. Ni vu, ni connu.
Nous sommes ensuite entrés dans Carleton. Le gîte était au
centre du village, dans l'activité et l'effervescence des
touristes. Une ville animée. Nous avons atteint le gîte
La mer, la Montagne et c'est Roger et Alice qui nous ont
accueillis. On nous a offert la chambre. Une fois installés,
plus tard, nous sommes partis à la recherche d'un
restaurant. Finalement, c'est Subway qui a eu la faveur. Ça
faisait un moment que nous n'avions pas fastfoodé.
Au retour, j'ai fait une brassée de lavage. Marc est allé
dans la chambre, de plus en plus casanier. J'ai ensuite
discuté avec Alice et Roger qui ont eu un parcours
singulier, jusqu'à tenir une galerie de peinture à
Saint-Martin. Et maintenant à la retraite à Carleton, sur ce
site exceptionnel: La Mer, La Montagne.
Roger aurait 70 ans le lendemain. À voir sa forme, son
allure et son dynamisme, en pensant à Élie, rencontré hier,
ça m'a donné le goût d'atteindre 70 ans et de rêver que
j'aurais le même dynamisme et encore plein de projets.
Marc-Antoine, lui à 15 ans, emmagasine les expériences. Ça
lui en fera des choses à raconter un jour. Ah oui, j'ai
demandé à plusieurs reprises s'il écrivait sur le site. Marc
a décidé de faire un récit à la fin du voyage.
Demain Maria, avec un petit détour chez
Aqua Mer qui nous
commandite une séance de massothérapie.
Bonne nuit.
Aujourd'hui nous avons marché pour:
Nathalie A., Guy Gauthier, Rita Dubé, Paul Berthelot,
Charles Berthelot, Denise Dubé, Patricia Verge, Sylvie
Bertrand, Nicole Moreau.
