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Mardi 21 juillet
Matapédia - Pointe-À-La-Croix
Nous nous sommes rendu à la salle à manger, nous avons
effectivement mangé et j’ai payé le déjeuner. Trop cher!
J’ai dit à Marc que je m’en allais de ce pas chez le doc.
Dorothée, la sœur de Louise, mère
de Guillaume, l’ami de Marc-Antoine ; vous suivez toujours ?
Dorothée, donc, devait venir chercher nos sacs à dos (on
adore, cela fait 8 ou 10 fois que nous économisons le
transport de nos sacs) pour les emporter à
Pointe-À-La-Croix, chez elle, notre prochain lieu
d’hébergement. J’ai dit à M-A de la faire patienter jusqu’à
ce que je revienne.
Je suis parti clopin-clopant chez le doc.
Je suis entré, la porte n’était pas verrouillée. Personne.
Il était 8 h 10. À cette heure-là à la clinique de
Blainville, il y a 75 personnes, je n’exagère pas. Le
médecin est descendu de chez lui, il habite en haut, à 8 h
30 pile.
Celui-ci a identifié la cause des
problèmes. L'une de mes chaussures comportait une erreur de
fabrication (amas de colle difficilement identifiable), ce
qui a causé des ampoules à répétition. Et pour compenser la
douleur occasionnée par les ampoules, j’avais marché il y a
deux jours 24 km sur la pointe d'un pied ce qui a causé une
inflammation au pied gauche.
Malgré sa très grande douceur, le médecin m’a dit sans
équivoque que je devais m’abstenir de marcher au moins une
journée. Il n’y avait pas d’infection. Mais il fallait
reposer le pied et de reprendre les anti-inflammatoires.
Je suis retourné clopin-clopant et sur le chemin du retour
une dame m’a demandé si j’étais monsieur Arseneau. Ça m’a
flatté. Pas longtemps. C’était Dorothée qui venait à ma
rencontre pour me prendre.
Je lui ai dit que je ne pouvais pas marcher ce jour-là et
que Marc-Antoine serait déçu. Il tient mordicus à toutes les
étapes de la marche. Je lui ai expliqué en le voyant, qu’on
n’avait jamais triché, que c’était toujours pour des raisons
de santé que j’avais dû interrompre, que personne ne nous en
voudrait, on comprendrait… Pauvre lui, il est plus exigeant
encore. Aucun compromis.
- Écoute, à Pointe-À-La-Croix, tu iras marcher, et si je
vais mieux, j’irai avec toi.
- J’irai marcher avec toi Marc-Antoine, a renchéri Dorothée.
Là-dessus, on est parti pour
Pointe-À-La-Croix.
Nous avons monté les sacs au logement de Dorothée. Elle
habitait un peu à l’écart du village. C’est à cet endroit
que la rivière Restigouche s’élargit et plus loin, à la
hauteur de Nouvelle deviendra la Baie-Des-Chaleurs.
Définitivement, nous avions quitté la Vallée de la
Matapédia. Tout un périple.
Autant vous l’avouer maintenant, car seule Jocelyne était au
courant de la situation, j’ai toujours détesté la Vallée de
la Matapédia. Chaque fois que je la traverse, je suis pris
d’étouffement durant une heure trente, sans m’expliquer
pourquoi. De plus, j’ai une phobie des ours et c’est un des
endroits où il y en a pas mal en Gaspésie. Alors, vous
comprenez que lorsque nous avons fait le trajet
Routhierville-Saint-Alexis (le désert de la Vallée), je
n’étais pas gros dans mes culottes. Je ne l’ai jamais dit à
Marc. J’avais simplement sorti mon sifflet durant les 24 km
au cas où un ours serait sorti du bois. Seule la douleur m’a
fait oublier la phobie durant quelques heures.
J’ai fait quelques courses avec Dorothée : pharmacie (mon
commerce préféré durant ce voyage), le cordonnier qui a
réglé mon problème de chaussure, la caisse populaire de
Campbellton et un magasin de vélo.
Le soir, à la demande de Marc-Antoine, Dorothée nous a fait
un pâté chinois que nous avons dégusté avec bonheur.
À demain tout le monde.
Aujourd’hui nous n’ avons pas pu marcher, mais nous le
ferons en double
