Vous êtes ici: CARNET DE VOYAGE 2009
Accueil
Samedi 18 juillet
Amqui – Sainte-Florence
La journée a débuté avec des sourires. Celui de Guylaine,
Nathalie, nos hôtes. Sommes descendus pour la prise de photo
du journal régional. Au revoir plein de tendresse. Nous
sommes partis le pas aussi lourd que le ciel qui nous
suivait. M-A me renversait par sa forme.
Nous sommes passés dans une rue commerciale, la route 132
bifurquait à droit, nous l'avons suivi. Là, sur la galerie
chez Nathalie, neveux et nièces nous envoyaient la main en
guise d'adieu. C'était le fun.
Plus loin, sur le trottoir un couple nous a appelés.
Visiblement, il nous attendait. L'homme a traversé la rue et
nous a tendu un chèque de 75 $ pour l'Institut du cancer de
Montréal. J'ai demandé comment ils savaient pour notre
marche. La radio avait parlé de nous le matin même. Les
sœurs Arbour m'avaient aidé à établir des liens avec les
médias. Elles avaient été très efficaces.
Puis on a repris la route pour Sainte-Florence pour de bon.
J'étais irrité tout de même du fait d'être parti aussi tard.
- Tu m'en veux qu'on soit parti tard?
- Non, je m'en veux d'avoir accepté qu'on parte aussi tard
avec 25 km à faire. C'est pas de la tarte.
Le ciel s'est brisé en deux et nous a pissés dessus durant 2
heures. Évidemment, le manège des roulottes, des voitures,
des camions a recommencé et on s'est fait arroser durant
tout ce temps.
- Quand je dis, on part tôt, ON PART TÔT À L'AVENIR! Ai-je
lancé furieux sous un nuage d'eau.
J'étais même surpris du ton autoritaire avec lequel j'avais
lancé ça.
Le vieux éprouvait de la difficulté avec cette nouvelle
plaie dans son soulier. Il voulait que je le porte. Je l'ai
envoyé chier, lui ai dit de se taire et j'ai poursuivi ma
route.
Au loin, un camion s'était arrêté. C'était Claude, le
beau-frère de Guylaine et Nathalie. Il a demandé si nous
souhaitions aller dîner chez Noella, la mère des soeurs
Arbour. Je lui ai répondu que nous avions du retard et qu'il
nous fallait marcher encore une heure trente. Il a promis
qu'il viendrait nous chercher à Causap, comme disent les
gens, à ce moment-là.
Puis nous avons longé le lac aux Saumons. On apercevait de
l'autre côté du lac, la municipalité du même nom. Je n'ai pu
m'empêcher de penser à Raphaël Richard et son épouse
Rosaline, les grands amis de maman décédés depuis un moment
déjà, originaires de ce village. Dans ma tête, il est passé
un rayon de soleil, à ce moment. J'ai aperçu leur amitié et
cette camaraderie et ce bon humour qui les accompagnaient.
Je les voyais rire au ciel et jouer au 500 et frapper la
table lorsque le neuf sans atout, de façon inespérée, allait
se réaliser. J'entendais maman éclater de rire et dire sans
son accent unique:
- Mon jdieu faut-y yé y aille!
Mon cœur battait de l'entendre ainsi. Il y a trente ou
quarante ans de ces souvenirs. Lac-Au-Saumon, un lieu
quasiment mythique. Le lieu de regroupement d'un petit
groupe d'Acadiens.
Nos bas et nos souliers étaient trempés. Cela m'a réveillé
de ma rêverie. M-a ne se plaint jamais. Le vieux c’est tu.
Moi, j'ai risqué un ou deux jurons pour faire réagir M-A.
Rien.
Une camionnette nous a klaxonnés. C'était l'une des sœurs
Arbour, elle nous amenait chez Noëlla et Paul-Guy pour le
dîner.
La suite plus tard. Désolé pour les nombreux retards, il y a
peu d'ordinateurs.
Aujourd’hui nous avons marché pour :
Nathalie A., Jean Beaulieu, Claudette, Albert Arseneau,
Ernest Arseneau, Yves Mercure, Johanne Doucet, Johanne
Cormier, Pascale Nantel (2 X), André Legault (2 X), Pauline
Robillard Desjardins, Linda Carrier.
