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Samedi 18 juillet
Amqui – Sainte-Florence

La journée a débuté avec des sourires. Celui de Guylaine, Nathalie, nos hôtes. Sommes descendus pour la prise de photo du journal régional. Au revoir plein de tendresse. Nous sommes partis le pas aussi lourd que le ciel qui nous suivait. M-A me renversait par sa forme.

Nous sommes passés dans une rue commerciale, la route 132 bifurquait à droit, nous l'avons suivi. Là, sur la galerie chez Nathalie, neveux et nièces nous envoyaient la main en guise d'adieu. C'était le fun.

Plus loin, sur le trottoir un couple nous a appelés. Visiblement, il nous attendait. L'homme a traversé la rue et nous a tendu un chèque de 75 $ pour l'Institut du cancer de Montréal. J'ai demandé comment ils savaient pour notre marche. La radio avait parlé de nous le matin même. Les sœurs Arbour m'avaient aidé à établir des liens avec les médias. Elles avaient été très efficaces.

Puis on a repris la route pour Sainte-Florence pour de bon. J'étais irrité tout de même du fait d'être parti aussi tard.

- Tu m'en veux qu'on soit parti tard?
- Non, je m'en veux d'avoir accepté qu'on parte aussi tard avec 25 km à faire. C'est pas de la tarte.

Le ciel s'est brisé en deux et nous a pissés dessus durant 2 heures. Évidemment, le manège des roulottes, des voitures, des camions a recommencé et on s'est fait arroser durant tout ce temps.

- Quand je dis, on part tôt, ON PART TÔT À L'AVENIR! Ai-je lancé furieux sous un nuage d'eau.

J'étais même surpris du ton autoritaire avec lequel j'avais lancé ça.

Le vieux éprouvait de la difficulté avec cette nouvelle plaie dans son soulier. Il voulait que je le porte. Je l'ai envoyé chier, lui ai dit de se taire et j'ai poursuivi ma route.

Au loin, un camion s'était arrêté. C'était Claude, le beau-frère de Guylaine et Nathalie. Il a demandé si nous souhaitions aller dîner chez Noella, la mère des soeurs Arbour. Je lui ai répondu que nous avions du retard et qu'il nous fallait marcher encore une heure trente. Il a promis qu'il viendrait nous chercher à Causap, comme disent les gens, à ce moment-là.

Puis nous avons longé le lac aux Saumons. On apercevait de l'autre côté du lac, la municipalité du même nom. Je n'ai pu m'empêcher de penser à Raphaël Richard et son épouse Rosaline, les grands amis de maman décédés depuis un moment déjà, originaires de ce village. Dans ma tête, il est passé un rayon de soleil, à ce moment. J'ai aperçu leur amitié et cette camaraderie et ce bon humour qui les accompagnaient. Je les voyais rire au ciel et jouer au 500 et frapper la table lorsque le neuf sans atout, de façon inespérée, allait se réaliser. J'entendais maman éclater de rire et dire sans son accent unique:

- Mon jdieu faut-y yé y aille!

Mon cœur battait de l'entendre ainsi. Il y a trente ou quarante ans de ces souvenirs. Lac-Au-Saumon, un lieu quasiment mythique. Le lieu de regroupement d'un petit groupe d'Acadiens.

Nos bas et nos souliers étaient trempés. Cela m'a réveillé de ma rêverie. M-a ne se plaint jamais. Le vieux c’est tu. Moi, j'ai risqué un ou deux jurons pour faire réagir M-A. Rien.

Une camionnette nous a klaxonnés. C'était l'une des sœurs Arbour, elle nous amenait chez Noëlla et Paul-Guy pour le dîner.

La suite plus tard. Désolé pour les nombreux retards, il y a peu d'ordinateurs.

Aujourd’hui nous avons marché pour :

Nathalie A., Jean Beaulieu, Claudette, Albert Arseneau, Ernest Arseneau, Yves Mercure, Johanne Doucet, Johanne Cormier, Pascale Nantel (2 X), André Legault (2 X), Pauline Robillard Desjardins, Linda Carrier.