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  • Samedi 5 juillet 2008

Le récit de cette journée sera relativement court puisque vous assisterez à la journée la plus longue, la plus plate et la plus moche de notre formidable voyage. Avant de parvenir au sujet cependant le préambule est un peu long.

Le matin nous étions à la Maison du Moulin, arrivés le vendredi soir. Claudine et Régent ont dû quitter tôt car ils travaillent tous les deux le samedi. C’est Colette, la mère de Régent qui nous a servi le déjeuner. Régent est cuisinier, nous avons eu droit à des crêpes farcies au jambon et fromage. La table était bien garnie. Nous accompagnait au déjeuner, une famille de Français avec deux jeunes enfants. Nous avons parlé de tout et de rien et surtout, fort heureusement, nous n’avons pas parlé de la différence des accents et des introductions des mots anglais dans notre langue. Chu pu capable!

Après déjeuner, j’ai sauté sur l’ordinateur et j’en ai eu pour 2 heures à rédiger les textes que Micheline mettra plus tard en ligne dans la journée.

M-A jouait toujours avec le petit Yorkshire. Il a été d’une patience d’or chaque fois que j’ai dû prendre du temps pour les envois du Carnet de voyage. Sa mère et moi apprécierons s’il développe cette qualité dans la vie de famille comme il le fait durant le voyage. Je m’inquiète cependant de Jérémie qui est un peu seul chez nous sans son frère et son père. Je m’ennuie de lui aussi.

Nous quittons la Maison du Moulin vers 11 :15. On s’arrête au village de Grondines, nous visitons la vieille église. Un guide nous attend à l’entrée. Je suis heureux de ces initiatives des villages, que nous pourrions facilement reproduire à Sainte-Thérèse-D’Avila plus tard.

Petite prière, photos, salutations de la guide, nous repartons. Plus loin, une femme nous interpelle.

- Êtes-vous les marcheurs contre le cancer?

Je lui fais signe que oui. Elle dit avoir vu l’affiche à la Caisse Desjardins la veille.

Effectivement, j’avais rencontré jeudi à la Maison Marie-Rose, le directeur des caisses de la région. Il habitait la Maison depuis un an et, comme les propriétaires étaient partis à Québec et nous avaient laissés gardien de la Maison, il était entré par la seule porte accessible de la maison qui donnait dans notre chambre.

J’étais en petite culotte, torse et pieds nus puisque je sortais de la douche.

J’ai discuté avec lui un bon moment, lui expliquant notre projet et l’envoi que la Caisse du réseau de la Santé avait fait pour sensibiliser toutes les caisses de notre parcours, car elle appuyait notre initiative et celle de l’ICM. Il disait ne pas en avoir entendu parlé, mais qu’il vérifierait le lendemain.

- T’es malade papa! Lança M-A gêné.
- Quoi, qu’est-ce qu’il y a?
- T’es-tu vu l’allure?


J’suis parti à rire. Je ne m’étais pas aperçu que j’étais en petite culotte. Et tout ce temps, j’avais discuté avec un directeur de caisse, veston-cravate et chemise blanche pour le convaincre du bien de notre cause.

Nous avons laissé la dame et M-A dans un moment d’impatience m’a demandé si j’allais parler à tous les habitants du village durant sa courte traversée. J’ai souri et lui ai dit qu’on marcherait sans nous arrêter sauf pour les pauses. Il m’a fait des yeux lorsque j’ai recommencé à photographier les boîtes aux lettres.

En moins d’une heure trente nous étions Au Vieux Bardeaux. J’avais très mal évalué les distances, il n’y avait que 5 km qui nous séparaient des deux gîtes.


Au Vieux Bardeaux

 

L’endroit était désert. Deux grandes salles de réception vides. Un bar chargé de bouteilles, vide de monde. Odeur de vieux motel du printemps après un long hiver. Personne.

Tout à coup, les portes battantes laissent place à une femme jeune cinquantaine. Je lui dis qui on est. Jamais entendu parler d’une entente avec le proprio. Je lui dis que mon fils et moi devons nous consulter si nous restons ou poursuivons notre chemin. Après discussion, nous décidons de rester.

Elle nous mène à notre chambre. Elle dit :

- Voici deux lits. Un pour toi mon jeune garçon et un… J’l sais pas si c’est ton père.
- Oui je suis SON PÈRE.


Je n’ai vraiment pas apprécié l’allusion. Déjà l’hôtel désert, le trou perdu, le souper qu’on n’aurait jamais. Ça débutait mal.

 

 

 

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La seule anecdote digne de mention à cet endroit, c’est que l’employée me disait que le cancer avait une connotation spéciale pour elle, depuis que son mari l’avait quitté pour son ancienne maîtresse qui était atteinte du cancer et en phase terminale. Cette maîtresse avait souhaité le revoir en désespoir de cause.

Cette maladie évidemment était simulée afin de mettre le grappin sur l’amant et l’arracher à sa légitime. Goût amer.

Nous avons installé notre bagage dans la chambre. M-A a allumé le téléviseur. J’ai inspecté les lieux. Cela devait être un bel hôtel il y a quarante ans. Il se trouvait maintenant dans le côté kitsch de la vie.

J’ai fait une tonne de lavage, il n’y avait rien d’autre à faire. On a regardé 7 films, 3 bulletins de nouvelles, mangé un spaghetti et pour moi une lasagne. J’ai photographié l’affiche pour bien me rappeler. 10 heures d’ennui total dans une chambre d’hôtel. J’étais tellement transformé par l’insignifiance des lieux, que Marc-Antoine m’a demandé si ça allait.

J’ai rencontré la fille du proprio plus tard, qui nourrissait les plus grands doutes sur cette entente de commandite. J’ai dit que je laisserai mon no de carte de crédit et qu’elle pourra faire comme elle l’entend. Elle m’a répondu que de toute manière le coût de la chambre n’était pas cher. J’n’en n’aurais pas payé la moitié anyway. Les vibrations n’étaient pas terribles.

On a levé le camp le lendemain à toutes vapeurs. Jamais entendu parlé du coût de la chambre. La fille devait avoir rejoint le père qui avait autorisé la gratuité.

Un endroit à oublier, bien sûr.

Ce jour-là, nous avons marché pour :
Isao Shimoda, Ghislaine Belzile X 2, Marguerite Rolland, Gisèle Matte, Denise Guay X 2, Sonia Dion X 2, Michel Sénécal X 2, Lina Lamarre, Michel Gélinas, Jean Filion, Robert Bourassa.


Et c’était une part hautement significative dans notre journée.