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  • Jeudi le 3 juillet 2008


Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-rouges criardes les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

Le Bateau ivre, Arthur Rimbaud


Nous déjeunons avec les cyclistes. Une discussion s’anime autour de la sécurité routière. Selon Gilles, un vigoureux sportif, qui nous a pris en affection et prodigué de précieux conseils pour soigner nos horribles ampoules qui n’en finissent pas d’empoisonner notre marche; selon Gilles, dis-je, deux écoles de pensée s’opposent pour la marche sécuritaire sur la route. Tu marches avec le sens de la circulation à droite ou à gauche à contre sens de la circulation.

Depuis le début M-A et moi marchons à gauche. L’incident de Lavaltrie aurait pu être évité, selon Gilles, si nous avions marché à droite. Je ne suis pas rassuré et fais valoir que comme cycliste à la vitesse à laquelle il va, vaut mieux circuler à droite. Mais comme piéton, nous avons le temps de voir venir les véhicules et de pressentir l’automobiliste qui n’est pas à son affaire, occupé à changer un poste de radio ou un cd. Par contre, j’en conviens, cela ne nous met pas à l’abri de ce qui vient dans notre dos : les manœuvres imprudentes et sauvages de dépassement, par exemple. J’ai pu confirmer le tout à la hauteur de Sainte-Anne-De-La-Pérade lorsque nous avons croisé un agent de la SQ. Il a été catégorique : dans les villages, lorsqu’il y a un trottoir vous marchez à droite. Sur la grande route, sans trottoir vous marchez à gauche.

Puisqu’il fallait revenir sur nos pas, je devais appeler un taxi, car nous étions attendus à l’Hôtel de Ville de Trois-Rivières pour une petite cérémonie d’accueil. Georgie, heureusement, nous a offert de nous y conduire. Nous sommes arrivés en retard.

Photographes et journalistes nous attendaient avec le maire suppléant, Monsieur Lajoie. Le directeur de communications, François Roy, un bon vivant, ne cessait de blaguer. C’était une rencontre simple et bien orchestrée. Roy connaît bien Christian Tétreault, animateur et humoriste à la radio et France Courteau. Je lui ai dit qu’ils étaient des citoyens de mon district. Il a ajouté que France ferait une bonne conseillère municipale. Je lui ai répondu que le siège était déjà occupé. On a ri.
 

 

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Entrevue à TQS. Comme d'habitude, Marc a fait ça en pro. Je suis fier de lui.
La camérawoman a pris des dernières shots. Nous sommes partis au cybercafé à deux pas de là. Une pluie torrentielle tombait. Elle est tombée durant trois heures. Une pluie digne d’un roman de Garcia-Marquez, dans Cent ans de solitude. Nous avons tué le temps dans le cybercafé, nous lançant chacun dans le cyberespace sur deux ordinateurs.

Le temps passe vite sur les ordi et ils coûtent cher. Je fais mon envoi, je sais que je suis en retard de plusieurs jours sur le Carnet de voyage et ça me tape sur les nerfs. La pluie a cessé. Je demande à M-A ce qu’il veut manger. Nous allons chez Subway. Je dis à M-A que je fais un saut à la bibliothèque de T-R devant l’Hôtel de Ville. Elle est vaste, spacieuse et bien organisée. Je découvre là une dizaine d’ordi qui coûtaient pas mal moins cher que le café. Bof, on a profité de l’atmosphère.

TA-DAM! Je mets la main sur un exemplaire des Illuminations de Rimbaud et voici le Bateau ivre. Comme il compte 25 strophes, je ne le copierai pas à l’ordinateur. Rendez-vous à votre bibliothèque le contempler, car ce poème ne se lit pas, il s’admire.
Ce qu’il y a de fascinant dans la poésie, c’est qu’il n’est pas nécessaire de se souvenir du titre, ni des vers du poème, ni de le comprendre à vrai dire. Si on l’a déjà ressenti, il est lié à jamais à notre âme. On fait un avec l’impression du poète. Chez Rimbaud, c’est mon cas, avec ses textes les plus connus : le Dormeur du val, le Poète de sept ans, le Bateau ivre. Ce sont les classiques. Tous les jeunes devraient être initiés très tôt à la poésie.

C’est pourquoi, pour Sainte-Thérèse, je rêve d’un grand événement poétique qui ferait le lien avec les autres arts : les arts visuels, les arts de la scène, la littérature.

Nous avons couru pour sauter dans l’autobus qui nous mènerait à la Maison des Leclerc. Nous l’avons loupé de 30 secondes. Nous avons couru encore. Il était définitivement trop tard. La chaussée était encore humide de la pluie abondante du matin. Nous avons sauté dans un taxi qui nous déposa à la Maison des Leclerc. Sans y entrer, nous avons pris la route. Direction Champlain, la Maison Marie-Rose. 11 km, nous l’avons atteinte à 17 :00, pas vraiment fatigués.

Nous avons marché aujourd’hui pour :
Benoit Chapdelaine, Pauline Dugas, Micheline Hogue, Simon Arseneau, Marina et Amabilis, Patricia Florian, Normand Grimard, Marie-Ange Closson, Raymond Blais, Jean-Charles Tessier, Jacques Duquette, Fernand Marien, Michelle Morrissette, Denise Godin, Yvon Gilbert Thérèse Wurtèle X 4 (une grande artiste, je suis allé à ses funérailles en juin)
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Salut de Marc-Antoine et Vincent.