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  • Mardi 1er juillet 2008

Bonne fête Canada! À tous mes amis fédéralistes, malheureusement pour vous mon cœur reste au Québec. 

Réjean est venu nous déposer à Saint-Barthélémy, au lieu même où nous étions hier. Notre départ se fait à 5:55, en avance, et la température sera clémente. 

Nous avons débuté rondement. Les odeurs des étables nous ont titillé le nerf olfactif. Tout Lanaudière est dans cette odeur: agriculture, élevage, fourrage. Cette région est réellement le grenier du Québec. Elle nous nourrit et nous porte. La mondialisation la menace. Beaucoup d'agriculteurs se suicident. L'opposition production agricole-environnement ne leur facilite pas la tâche. 

Nous avons aperçu un clocher au loin. Une demi-heure plus tard, il avait disparue. J'ai dit à M-A ne pas savoir si c'était un clocher ou un arbre. En marche, tous les détails prennent des proportions importantes. Les lignes étaient droites et saillantes, l'angle trop aigu pour ne pas être de création humaine. M-A et moi avons de toutes manières l'esprit léger. La conversation tourne beaucoup autour de la croissance de M-A, l'apparition des poils, le changement hormonal de l'adolescence. Tout cela sur un ton très léger pour ne pas dire grivois. 

-         Et toi, papa, c'est à quel âge c'est arrivé?
-        
Moi, c'est à 10 ans que tout a commencé, me suis-je vanté. 

Et j'ai explosé de rire. 

Puis nous nous sommes tus, observant tantôt la route, tantôt la circulation ou la vitesse et la grosseur des camions, scrutant l'horizon à la recherche d'un chimérique clocher, notre phare. 

Puis le clocher de l'église de Maskinongé a surgi dans le splendide matin. Il était 8:15 et le soleil déjà haut dans le ciel nous dardait de ses rayons. Deux heures vingt de marche déjà et nous étions frais et dispo. Direction Louiseville. 

Note: nous sommes dans un café internet de Trois-Rivières en ce moment pour la rédaction du carnet. Une femme derrière explose de joie au téléphone, son fils vient de gagner la garde de sa fille suite à un procès qui semblait compliqué. J'ai cessé d'écrire pour la féliciter. Elle pleurait. 

Je ne sais pas si le comté de Maskinongé s'est toujours retrouvé avec un député de l'opposition mais la 138 à cette hauteur est dans un état lamentable. Le seul avantage que nous y trouvons, c'est la diminution de la vitesse. Cela m'a rappelé cette chanson de Vigneault. 

«Chaque élection, la route approche.
Mais comme disait le défunt Norée,
Avant qu'elle ait fait toutes ses croches,
J'serai enterré.» 

Éditorial 
Madame la Ministre du transport, pour le bien de tous les marcheurs et les marcheuses, nous vous recommandons de ne pas faire réparer la 138.

Deux heures plus tard, nous entrons dans Louiseville, comme par enchantement. J'avais confié quelques petites tâches à M-A: trouver une pharmacie pour un coupe-ongle, des ongles démesurément longs qui commencent à m'incommoder, un opticien, puisque j'ai perdu une vis de mes lunettes et, enfin, un cyber-café pour l'envoi des textes du Carnet de voyage. 

Louiseville est coquette avec ses commerces et ses maisons rapprochées sur la rue principale. M-A m'a indiqué un optométriste, malheureusement fermé pour la fête du Canada. 

Nous avons traversé rapidement le village, arrêté uniquement par l'église Saint-Antoine-De-Padoue. Ses portes bleu ciel, quasiment turquoise, offrent une vue particulière. 

Nous y sommes entrés. Quelques personnes bien mises discutaient à voix basses. 

Lorsque j'ai aperçu le chariot porte-cercueil, j'ai dit à M-A qu'il y aurait des funérailles. Cela m'a rappelé que nous avions vu un mariage à Lavaltrie. Quel contraste non? Nous avons récité une prière et sommes sortis rapidement pour ne pas indisposé les gens, avec notre accoutrement de campeurs, et qui allaient bientôt se recueillir pour enterrer un frère, une sœur, un père ou une mère. 

J'ai dit à M-A que je voulais absolument prendre une photo des portes dignes du National Geographic. Je n'ai pas le talent de leurs photographes mais j'aurai au moins le souvenir de ces portes dans ce lumineux matin de juillet. 

Nous avons quitté le village, fait un stop chez Stratos pour un Club sandwich à deux. Nous n'avons pas été gourmand. Puis Yamachiche. 

Nous étions dans une superbe forme. Une de ces bonnes journées. Rien de spécial sur la route, sauf la carcasse d'un raton laveur en décomposition. Ce qui m'a le plus impressionné c'est sa cage thoracique et sa dentition qui étaient parfaitement intactes. J'ai approché les yeux plus près. Tout l'animal grouillait de vers blancs. 

J'ai dit à M-A que ces vers blancs deviendraient des mouches domestiques (Drosophilae), c'est pourquoi il ne faut jamais endurer des mouches sur notre nourriture. Ça l'a dégoûté. C'est l'effet que je recherchais. 

Parmi les feuillus et le vacarme de l'autoroute 40, nous avons aperçu La Porte de la Mauricie. J'ai souri car je croyais que l'Hôtel serait au cœur de Yamachiche. La Porte de la Mauricie, c'est une sortie d'autoroute. Il était 12:30. Un record. 
 

   
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Après la douche, j'ai insisté auprès de M-A pour que nous marchions encore un 4-5 km, question de prendre un peu d'avance sur le lendemain. Il a accepté. 

À ma grande surprise, lui et moi n'avons pas à négocier longtemps. Nous sommes en complète dépendance des gens qui nous accueillent, des aléas de la route et de la température (en ce moment même nous sommes cloués à Trois-Rivières sous une pluie torrentielle). Le temps est sans doute le seul élément que nous ne négocions pas. Partir tôt est le mot d'ordre. 

À 16:30, nous étions dans le village d'Yamachiche. Nous avons trouvé un coupe-ongle et avons pris le chemin du retour. 2 km plus loin, une femme demandait son chemin. Nous lui avons demandé si elle pouvait nous déposer à l'Hôtel, ce qu'elle fait de bon gré, non sans une certaine réserve et une pointe de crainte dans le regard. Nous lui avons raconté notre projet et gagné sa confiance. Elle nous a souhaité bonne chance et est retournée chez elle à Pointe-Du-Lac, notre prochaine destination. 

Nous avons soupé à l'Hôtel. Heureusement pour nous, Mario Bellemare le dg nous avait offert le souper et le déjeuner avec la chambre. Nous nous sommes couchés tôt. 

Aujourd’hui nous avons marché pour : 

Charles Bruneau, Marissa Hébert, Louise Laramée, Pierre Belleau X 2, Michel Cournoyer, Annette Roy, Linda Holmes, Louise Brossard, Feu David Fortier, Jacques Blanchette, Denis Sigouin, Claudette Lebrun X 2, Claude Létourneau. 

À la prochaine.
M-A et Vincent